Quand l'IA fait RAM-er le monde
Derrière le projet de domination où une élite espère non seulement se passer de nos bras, mais aussi de nos cerveaux, se cache une réalité plus immédiate, triviale et brutale : celle d’une délire financier spéculatif grotesque où le monde entier s'est fait duper... avant de laisser les consommateurs payer la note d'un banquet auquel ils n'ont jamais été invités.
Le projet Stargate ou le coup de poker de Sam Altman
Le point de bascule a un nom : Stargate. Un projet pharaonique visant à injecter 500 milliards de dollars dans l'IA en seulement quatre ans. Fin 2025, Sam Altman (CEO d'OpenAI) s'est rendu en Corée du Sud, non pas comme un partenaire, mais comme un souverain exigeant. Sa requête ? Que Samsung et SK Hynix lui livrent 900 000 wafers par mois, soit 40 % de la production mondiale de mémoire vive.
Cette annonce a agi comme le premier domino d'une catastrophe systémique. Pour satisfaire ce fantasme de puissance, les trois géants qui contrôlent 95 % du marché (Samsung, SK Hynix et Micron) ont brutalement détourné leurs lignes de production vers la HBM (mémoire à haute bande passante dédiée à l'IA), délaissant la RAM classique, celle qui équipe vos ordinateurs, smartphones, TV connectées... bref, tout.
Pour donner l'illusion d'une intelligence fluide, elle utilise cette mémoire dite HBM, capable de transférer 3300 Go par seconde, soit 64 fois plus que la mémoire d'un PC standard.
Cela détourne donc les moyens de production vers une technologie qui n'est pas compatible avec la version prévue pour être utilisée par nous autres, mortels.
La rupture artificielle : Quand le "Bullshit" devient loi
L’IA suit la trajectoire de la révolution industrielle, mais avec une accélération cynique. Là où les ouvriers étaient indispensables aux machines, les algorithmes prétendent s'auto-suffire. Cette arrogance a poussé les autres géants — Google, Amazon, Meta — à céder à la panique. Ils ont passé des commandes "open-ended", acceptant d'acheter n'importe quel stock à n'importe quel prix pour ne pas être écrasés par l'ogre OpenAI.
Pourtant, le retournement de situation est digne d'une farce tragique : début 2026, OpenAI est revenu sur ses ambitions. Le contrat mirobolant n'était en réalité qu'une lettre d'intention, un document sans valeur juridique réelle.
Sam Altman a fait passer le monde entier pour des imbéciles : il a déclenché une pénurie mondiale sur la base de promesses illusoires, mais les conséquences, elles, sont bien réelles et irréversibles.
Un impact économique et social violent
Contrairement aux innovations passées qui créaient de nouveaux emplois, l'IA semble finalement ne créer que de l'inflation.
Alors que les entreprises d'IA revoient leurs investissements à la baisse (Nvidia a réduit ses prévisions de 100 à 30 milliards), nous, pauvres consommateurs, en subissons le choc frontal.
Les prix de la RAM ont explosé, passant de 130 € à 500 € en quelques mois. À partir d'avril 2026, c'est l'ensemble de l'électronique qui bascule :
- Smartphones : Le coût de la mémoire représente désormais 54 % du prix de fabrication d'un modèle d'entrée de gamme. Soit plus que l'écran, l'appareil photo et le processeur combinés. C'est absolument délirant.
- Consoles : Alors qu'elle a déjà 5 ans et qu'on pourrait s'attendre à une baisse de prix, la PS5 voit son prix augmenter de 100 € !
- Composants : Micron a purement et simplement supprimé sa marque grand public Crucial pour se consacrer exclusivement aux entreprises et à l'IA... Et cela n'aidera pas à la chute du prix de la RAM grand public puisque la concurrence, déjà pas très féroce, perd ainsi 1/3 de ses acteurs.
Nous assistons à une rupture brutale des rapports de force : le capital ne dépend plus de la consommation de masse, il s'auto-alimente par la spéculation sur des composants qui ne nous sont pas destinés et assèche la production de ceux que nous ne pouvons désormais plus nous offrir.
L'ennemi commun : La débauche énergétique
L’IA, loin d’être immatérielle, repose sur une infrastructure énergétique colossale. Cette débauche de puissance a un coût écologique catastrophique.
Les data centers prévus par Oracle pour soutenir OpenAI auraient nécessité la puissance de 10 centrales nucléaires. C'est la poursuite de la logique destructrice entamée au XIXe siècle : une exploitation sans limite des ressources (lithium, cobalt, électricité) pour nourrir des algorithmes qui, au final, ne servent qu'à maximiser les profits d'une minorité.
Quand on nous dit de pisser sous la douche pour économiser l'eau et sauver la planète, avouez que c'est fort de café, mais bon, on est habitués à force.
Vers la fin du status quo ?
La chute est inévitable. En 2023, Samsung affichait déjà une chute de 96 % de ses bénéfices, victime d'un surplus de stock après l'euphorie du Covid. Pour redresser les prix, les fabricants ont appris une leçon cynique : il vaut mieux assécher le marché et maintenir une pénurie artificielle que de produire pour le bien commun.
C'est la fin de la concurrence, la fin de la fameuse "loi de l'offre et de la demande" ou "loi du marché" qui pourraient tirer les prix vers le bas.
Les fabricants ont une demande à leurs pieds et n'ouvrent les vannes que si cela leur profite, sans aucun acteur majeur capable de mettre à mal leur stratégie.
Une véritable RAM-o-garchie rendue possible par l'IA.

Face à ce naufrage, deux scénarios se dessinent :
- La poursuite de l'asservissement : Nous continuons à payer le prix fort pour des gadgets dont le coût est gonflé par la spéculation des "Puissants", acceptant notre inutilité économique croissante.
- La reprise en main : Nous jugeons enfin de l'intérêt réel de nos achats. Si l'IA ne peut tenir ses promesses de rentabilité sans détruire le pouvoir d'achat mondial et la planète, alors la bulle doit éclater.
La question fondamentale n'est plus de savoir si l'IA est intelligente, utile, bénéfique ou non, mais de déterminer qui contrôle les ressources matérielles qui la font tourner.
Allons-nous bâtir une société plus sobre et juste, ou allons-nous laisser Sam Altman et ses pairs transformer la technologie en une prison dorée dont nous n'avons même plus les moyens de payer les barreaux ?.
